Les bons et mauvais points de l’environnement en France

À l’occasion de la journée de l’environnement, le ministère de l’écologie a publié samedi le sixième rapport sur « L’environnement en France »

Extrait du journal La Croix du 07/06/2010

Michèle Pappalardo, déléguée interministérielle et commissaire générale au développement durable, a devancé la critique. Le rapport « L’environnement en France » rendu public samedi 5 juin prend le pouls environnemental du pays avant la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, prévient-elle en substance dans l’avant-propos. En faisant le pari que les deux lois Grenelle et l’ensemble des dispositions prises depuis deux ans parviendront à terme à changer la donne.

Car pour l’instant, le sixième bilan (depuis la première édition 1994-1995) fait le même constat que les autres : lorsque certains secteurs font un pas en avant, d’autres continuent à régresser. Ainsi l’amélioration en matière de qualité de l’air et de pollutions d’origine industrielle se poursuit, tandis que les secteurs les plus critiques continuent inexorablement à se dégrader.

Un air plus pur
Indubitablement, on respire de mieux en mieux en ville. L’indice global de pollution de l’air dans les grandes agglomérations de plus de 100 000 habitants a diminué de 22 % entre 2000 et 2008 en raison de pratiques industrielles plus vertueuses, d’une meilleure combustion du fioul domestique et de performances accrues du parc automobile.

La baisse la plus spectaculaire concerne le dioxyde de soufre (– 63 %). Et, lentement mais sûrement, les teneurs en monoxyde et dioxyde d’azote (NOx) et en particules diminuent : respectivement – 30 % et – 32 % entre 1990 et 2007. Bémol à ce tableau encourageant : la pollution à l’ozone, elle, augmente.

Autre domaine de satisfaction : l’évolution à la baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES), – 5,7 % entre 1990 et 2007, qui classe la France parmi les bons élèves du protocole de Kyoto. Et ce, en dépit des mauvais résultats du secteur du bâtiment, dont les émissions ont crû de 6 % dans le même temps, et de celui du transport, qui a dérapé de 19 % en raison de la croissance du parc automobile et du poids toujours plus important de la route dans le transport des marchandises – la part du transport ferroviaire et fluvial ayant reculé de 22,8 % en 2000, à 18,2 % en 2008.

Une eau et des sols plus pollués
Le bilan 2010 pointe la dégradation « lente mais continue » de la ressource en eau. L’usage d’engrais reste à un niveau élevé, stable depuis 2001, expliquant l’omniprésence de nitrates dans les cours d’eau. La généralisation du recours à l’herbicide glyphosate laisse elle aussi une empreinte forte : on détecte sa molécule dans un tiers des cours d’eau et son métabolite (produit de dégradation) Ampa dans près de la moitié d’entre eux.

Ces nitrates ont fini par contaminer 58 % des nappes d’eau, 16 % ayant des taux supérieurs à 40 mg/litre et 9 % dépassant le seuil de potabilité de 50 mg/l. Ils y côtoient les anciens pesticides aujourd’hui interdits, ainsi que le cocktail de leurs métabolites. Ainsi l’atrazine déséthyl est-il retrouvé dans 43 % des nappes.

Or, étant donné le lent renouvellement de ces ressources souterraines, « la mémoire des eaux profondes sera longue à effacer », reconnaît le rapport. Les sols et les eaux côtières « présentent également un degré de pollution relativement élevé ».

Une artificialisation croissante des espaces naturels
L’étalement urbain est un mal français. Les espaces artificialisés – zones pavillonnaires peu denses, zones d’activités industrielles et commerciales, infrastructures routières, parkings, etc. – se sont étendus de 82 000 hectares (+ 3 %) entre 2000 et 2006 après une croissance de 4,8 % la décennie précédente, au détriment des terres agricoles et des milieux semi-naturels. Cette artificialisation est particulièrement marquée le long du littoral, où elle croît à un rythme 2,5 fois plus rapide que sur le reste du territoire.

Chaque habitant « consomme » dorénavant 800 m2, toutes surfaces bâties confondues. Les constructions neuves se réalisent toujours plus loin des centres urbains, à 13 km pour la période 2000-2008 contre 11 km pour la décennie 1980-1990.

Le rapport souligne « le caractère cumulatif dans le temps du phénomène et surtout son effet quasi irréversible sur l’espace ». Conséquences de cette consommation d’espace : l’appauvrissement de la biodiversité, le mitage et la fragmentation des milieux naturels, la destruction des habitats. Certes, les aires protégées ont augmenté ces dernières années.

Mais les espaces terrestres sous protection réglementaire ne couvrent que 1,26 % du territoire. Quant à l’ensemble des espaces naturels d’intérêt communautaire regroupés dans le réseau Natura 2000, qui couvrent 12,5 % du territoire métropolitain, leur premier bilan révèle une situation « préoccupante ».

Le nombre d’espèces menacées ne diminue pas et la tendance à la banalisation se poursuit. Ainsi les espèces d’oiseaux inféodées à certains espaces (agricoles, forestiers ou bâtis) déclinent numériquement au profit des espèces dites généralistes, qui gagnent tous les milieux.

De fortes expositions aux risques naturels
Si les dégâts causés par les inondations augmentent depuis cinquante ans, c’est que particuliers et collectivités s’exposent au risque. Entre 1999 et 2006, le nombre de logements construits en zone inondable a augmenté de 8 %, soit 221 543 de plus que les 2,8 millions déjà localisés en zone inondable – et encore ces statistiques ne prennent-elles pas en compte le risque d’inondations par submersion marine et remontée de nappe.
Marie VERDIER

Rapport complet du Ministère de l’environnement et du développement durable sur : http://www.la-croix.com/illustrations/Multimedia/Actu/2010/6/6/environnement.pdf

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :